“Depuis Châtellerault on a pu passer au delà des frontières pour aller nourrir des enfants au Togo, faire des puits au Sénégal. Le message c’était de dire c’est possible”

Comment en es tu venu à faire de la photo ?


Comme je te disais avant, je ne foutais strictement rien en cours, je passais mon temps à dessiner, mon grand frère dessinait aussi. Franck F. qui travaillait au centre social d’Ozon à l’époque faisait de la photo et avait mis en place une chambre noire que j’ai eu la chance d’utiliser. Voir ses photos y apparaître c’était magique. A un moment j’ai lâché l’affaire parce que Franck F. est parti et que la chambre noire a cessé d’exister. Malheureusement à cette époque, faire de la photo c’était un luxe.

Le jour où le numérique est sorti, je m’achète dans la foulée un petit bridge. Ça va c’était pas mal, je m’amuse bien avec. Ça me permet d’exprimer ma créativité sachant que c’est ce que je recherche avant tout. La technique n’a jamais été mon penchant naturel. Sort également le reflex numérique. A cette époque c’était la formule 1 des appareils photos. Franck F en fait l’acquisition et décide de le vendre quelques temps plus tard. Il me fait un prix. Je l’achète. J’étais comme un fou, super heureux d’en posséder un. J’ai un ancrage naturel dans le quartier de la plaine d’Ozon, j’y prends des photos en noir et blanc. J’ai toujours été attiré par le vintage. Je kiffais les anciennes cartes postales notamment celle de l’époque coloniale d’Algérie. J’ai commencé à faire des fausses cartes postales mais avec les têtes d’aujourd’hui pour provoquer un petit peu.

Je prends des photos des jeunes avec des cartes d’électeurs. Le magazine le Châtelleraudais fait un petit truc sur moi, c’est ma première parution dans un magazine. A cette époque, il n’y a pas instagram. Il y avant tout des forums photos. Sur les forums on commence à me porter attention, je fais quelques interviews ici ou là qui portent soit sur la photo soit sur la banlieue mais je n’avais pas pour objectif de me faire connaitre.

Un magazine qui s’appelle Photo Fan  me contacte. Le truc de fou c’est que le QG de ce magazine est dans la périphérie de Châtellerault. Le rédacteur en chef d’un magazine qui s’appelait Respect Mag kiffait aussi ce que je faisais, je parais également dedans. Bizarrement à part le petit truc dans le Châtelleraudais, les médias traditionnels locaux se tenaient à distance. Des partisans des différents partis politiques ont pu me contacter ici ou là pour que je prenne des photos pour eux mais j’ai refusé de peur de me faire utiliser.


“Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir ça a réveillé un truc en moi” 

A partir de quand ton travail a commencé à devenir plus visible et pourquoi ?

Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir ça a réveillé un truc en moi au vu des propos qui pouvaient être tenus. A partir de là, dès qu’il y avait un truc qui pouvait me toucher, je postais quelque chose à ce sujet.  Les mots qui sont outrageants et humiliants sont des mots qui blessent, des mots qui tuent. Lorsque l’insulte est xénophobe, l’être humain disparaît. L’insulte xénophobe est un poison pour toutes les démocraties surtout dans les périodes de crises aiguës. 

Je lançais plein de pavés dans la marre. J’ai été jusque bout de ma logique en créant mon blog Sous –France (http://www.sous-france.fr/). Le jeu de mots vient d’un livre que j’avais lu et qui m’avait beaucoup parlé. Je faisais de la provoc’ mais c’était pour ouvrir le débat. Un jour mon ancien directeur vient me voir et me mentionne qu’il a remarqué qu’il n’y a pas beaucoup de blancs sur mon blog. Je lui fais comprendre que c’est cette majorité là que je côtoie et que tous les individus dont il fait mention sont français.

Ce qui est marrant avec ce genre de phrases c’est que les gens tenant de tels propos ne sont jamais dérangés par l’inverse. J’imagine que cette réaction de ton ancien directeur n’est pas la seule qui ait pu te perturber.

 Une fois j’ai eu à faire à des fascistes qui étaient venus m’insulter en prenant pour pseudo des prénoms arabes. Je savais à qui j’avais à faire donc j’ai bloqué direct. J’ai même eu des musulmans qui sont venus me prendre la tête parce qu’ils trouvaient mes positions trop proches des idéaux de la laïcité. Mes idéaux ne sont pas en contradiction avec ceux proches de la laïcité. Pour ce qui est de la devise de la république je n’ai aucun problème avec elle. Mon problème c’est son non respect par les personnes qui nous font la morale. J’ai toujours exprimé mes opinions librement. Après je conçois tout à fait que l’on ne soit pas d’accord avec elles mais le problème est quand ça devient de la diffamation. Et c’est ce qui m’est arrivé. http://www.sous-france.fr/laic/


“Je me suis clairement aperçu dans ces dernières années, qu’il y a des opinions que l’on est prêt à entendre et d’autres non du fait d’un contexte fait de plein d’amalgames”

Qu’est ce que ça a généré en toi le fait de se dire que la liberté d’expression tant vantée se trouvait limiter dans ton cas ?

Je me suis clairement aperçu dans ces dernières années, qu’il y a des opinions que l’on est prêt à entendre et d’autres non du fait d’un contexte fait de plein d’amalgames. A cause de cela les personnes comme moi sont constamment épiées et dans ma communication je suis obligé de sous peser chacun de mes mots sachant que ces mots renvoient aussi à des cicatrices. Alors bien souvent à défaut de mots je mets des images.

Ne penses-tu aussi que prendre la tête aux musulmans sur certains sujets c’est un artifice pour mieux éviter de parler de certains sujets et les réduire à cela ?

C’est vrai qu’à un moment donné je me suis un peu enfermé sur ce genre de problématiques qui me touchaient directement. Mais de part mon travail je me suis intéressé par la suite à des questions comme le traitement réservé aux gens du voyage. J’ai également fait attention à condamner le plus fermement possible les actes d’antisémitisme. Je voulais aussi amener les gens à penser aux autres souffrances parce qu’elles sont légitimes. Les différentes attaques que j’ai subies ont renforcé ma volonté de dire où certains veulent nous emmener, à savoir être les uns contre les autres. http://www.sous-france.fr/2017/

Une des choses que j’ai noté dans les 10 dernières années et qu’avec le focus qui est fait sur l’islam par la classe politique au pouvoir et les médias , cela a permis d’esquiver les vrais sujets de discussion, comme les inégalités qu’elles soient sociales ou scolaires par exemple.

Je suis tout à fait d’accord avec toi. Dans les 10 dernières années, on s’est enfermé dans des discussions bidon. Une femme qui vient avec un burquini, ce  n’est pas  le problème majeur de la république française. Ils ont pris plaisir à jouer avec ça parce qu’ils savent qu’il y a beaucoup de frustrations et qu’ils ne sont pas capables de fixer les vrais problèmes économiques et sociaux alors il faut divertir. A maintes reprises M.Valls est allé trop loin dans ses propos sur l’Islam, l’immigration,l’insécurité. Ça revenait en boucle.

Peux-tu nous parler du concours photographique organisé par « Fraternité Générale » ?

 L’association « Fraternité Générale » est une association qui a pour objectif de promouvoir la Fraternité à travers des actions culturelles, pédagogiques et citoyennes. Son président est Abdennour Bidar. Parmi ses ambassadeurs on peut trouver Edgar Morin,Frédéric Lenoir, Aya Cissoko, Claire Chazal, Mohamed Mechmache, Hubert Reeves, Juliette Vince, Marc Levy, Marie Drucker.

En 2015 l’association a organisé un concours photographique dont le thème était la fraternité. Je participe au concours en envoyant un de mes clichés et  au final je suis lauréat. Pour moi être lauréat ce fût un joli pied de nez à un certain Patrick qui plus tôt avait monté un dossier contre moi en faisant des amalgames improbables sur ma personne, mes opinions.

C’était allé assez loin puisque que les RG (renseignements généraux)étaient même venus m’interroger indirectement. Quand je suis devenu lauréat je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire une petite dédicace.  « Patrick ! Cette participation à cette campagne, je te la consacre en termes de leçon d’humanisme !
Sache qu’à travers l’art que l’on peut encourager à la Fraternité et au Vivre Ensemble et je le démontre encore une fois. »

 J’étais aussi fier parce que ca représentait ma ville, mon quartier.

Et j’imagine que ça aide à se sentir mieux aussi quand on a l’impression de se faire comprendre par quelques personnes ?

Oui c’est toujours cool de recevoir des témoignages privés de personnes qui me disent qu’elles aiment bien son travail. Ce n’est pas ce que je vise en priorité mais je dois avouer que Fraternité Générale c’était une bonne revanche d’autant plus que je n’étais pas en bon termes avec la presse locale.

As-tu participé à d’autres concours ?

Quelques temps plus tard, il y avait un concours organisé sur instagram, appelé  #ClichéContreClichéun autre regard sur notre quartier organisé par le ministère de la Ville et porté par Hélène Geoffroy, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Là encore je suis lauréat. Je suis invité à Paris. La ministre de la jeunesse et des sports remet à tous les lauréats les prix. Là encore c’est un clin d’œil à Patrick qui rêve de serrer les mains aux politiques. A la mairie de Paris ils avaient affiché les photos et après les  photos ont tourné  toute la France.L’année dernière, Fraternité Générale relance le concours. Je leur envoie deux photos et ils retiennent les deux. Deux fois de suite lauréat, c’est une belle reconnaissance. Ça me fait vraiment plaisir.

Ces différentes marques de reconnaissance ont-elles aidées à te sentir plus légitime comme photographe en tant que tel ?

J’avais pris cela de Brav (rappeur), je ne me considère pas comme un photographe mais comme un révolté qui fait de la photo. Je ne dis pas que les artistes qui ne cherchent qu’à divertir sont inutiles parce qu’on a besoin des’amuser aussi mais dans ce que je fais je cherche à m’engager.

Comment s’alimente ton engagement ?

Dans mon parcours j’ai rencontré énormément de personnes engagées, j’ai  approfondi beaucoup de lectures. Avec le temps j’ai appris à ne pas vouloir répondre à tout sur les réseaux sociaux. J’ai aussi essayé de sortir de l’enferment dans lequel t’amène la lutte contre l’islamophobie. Chose très importante, je ne représente que ma voix, que mon histoire. Oui j’ai des similitudes avec d’autres mais je n’ai pas la prétention ou l’envie de parler pour les autres. Certains sont venus me voir en me disant tu devrais faire ceci ou cela.Ma réponse à cela est « vas y fais le toi », pourquoi je devrais le faire. Si tu as quelque chose en tête fais le. Il y a un groupe sur Facebook qui s’appelle « Châtelleraudais d’hier et d’aujourd’hui », une personne m’a fait le reproche de faire que des photos du quartier de la plaine, ma réponse c’est « vas y fais des photos des autres endroits si tu veux », pourquoi cette mission devrait m’être assignée.

Je sais que ton engagement ne s’arrête pas seulement à la prise de photos, tu t’es lancé aussi dans l’associatif. Peux-tu nous en dire plus ?

En ce qui concerne l’association. Tout vient du fait que tout d’un coup, des migrants qui auparavant étaient dans la Jungle de Calais débarquent à Châtellerault. Comme tout le monde je les avais vus à la télé et soudainement ils arrivent à Châtellerault. Je vois un article dans la presse, ils cherchent des vêtements. Je vais les voir parce que je voulais les aider et aussi voir dans quelles conditions ils vivaient pour le moment. Je me rends alors compte qu’ils étaient pris en charge par une association AUDACIA 86 qui à ce titre reçoit de l’argent de l’Etat. Je vois aussi que les associations supportées par l’Etat doivent garder un œil sur les migrants en plus de les accompagner dans leurs démarches administratives. Il y a un côté sécuritaire que je peux comprendre.Je leur dis que je fais de la photo, que j’ai un blog et que par ce biais je peux aider à faire l’expression de leurs besoins. Je me mets alors à communiquer sur Facebook parce que ça marche plutôt bien à Châtellerault. De là les gens me ramènent beaucoup de vêtements. Petit à petit des liens se nouent avec quelques migrants Afghans.

A partir de quand décides-tu ou décidez-vous de formaliser l’aide apportée en créant une association ?

Après les Afghans arrivent des refugiés Soudanais. Quand les Soudanais arrivent, le ramadan arrive, Nous décidons de lancer l’opération colis alimentaire. On se concerte avec Mehdi Kerzazi et Nordine Kefif et l’on crée ensemble Solidarité Sous-France. On s’est servi des expériences des autres associations et du fait qu’on ait observé que certaines d’entre elles passaient énormément de temps à faire des réunions. Un de nos objectifs c’est que les choses aillent vite. Nous notre bureau c’est notre groupe sur Whatsapp. De plus on a voulu rester indépendant en étant affilié à aucun parti politique,religieux ou quoi que ce soit.

Un de nos premiers slogans c’était avant de vouloir sauver le monde commence par ceux qui sont proches de chez toi, dans ton quartier, dans ta ville, essaie de t’occuper de ceux qui sont en bas de chez toi. Donc on a continué à se focaliser sur les familles mono parentales sans papiers sans revenus qui vivaient près de nous On collectait des vêtements et de la nourriture au point qu’à un moment donné chez moi s’était transformé en un entrepôt. Quand on délivrait les colis, les gens étaient surpris que des gens aient pensé à eux. Je me mettais à la place des migrants et j’imaginais le type d’aides dont ils avaient besoin et le type de personnes qu’ils aimeraient rencontrer. Nos plus belles récompenses sont les sourires des enfants. La manière de rendre visible les choses c’était de publier en prenant des photos.

Avec le temps on a su aussi s’améliorer Pour les colis alimentaires, on a réussi à trouver une formule avec le drive mis en place dans différents supermarchés. Maintenant on envoie le bon de commande aux familles, ils vont récupérer les courses. Un gain de temps énorme.

Peux-tu nous parler du hic qu’il y a eu avec les Afghans ?

Un jour on se rend chez les Afghans et ils nous disent que l’accompagnatrice leur a dit que c’est mieux s’ils prenaient leurs distances avec nous. Ça m’a blessé, je me suis dit même quand je fais de l’humanitaire on va commencer à nous stigmatiser. Je les comprends, ils ne nous connaissaient pas,ils étaient le cul entre deux chaises. Je leur ai néanmoins dit que ça ne changerait aucunement mes relations avec eux que s’ils avaient besoin de quelque chose on serait là. Des tensions naissent par la suite avec des gens de la ligue de défense des droits de l’homme. On s’est rendu compte que la gestion des migrants était quelque chose de très très politique. On a commencé alors à prendre du recul.

Petit à petit les migrants ont été dispersés. Ce que j’ai appris c’est qu’on les renvoie dans le premier pays où l’on prend leurs empreintes. Leurs objectifs avant c’était l’Angleterre maintenant c’est la France. Je les avertissais néanmoins quand j’étais en contact avec eux sur le fait qu’ici ce n’était pas l’El Dorado même s’ils pouvaient avoir cette image.

Par le biais de l’association je sais que par la suite vous avez effectué des actes concrets à l’international, peux tu nous en dire plus ?

L’année dernière pendant le ramadan, une personne qui connaissait notre association nous demande de faire un puits au Togo.

Elle nous dit que ça coûte 6000 euros pour faire ce puits. Nous lui envoyons un email et lui disons que le montant est un peu excessif pour nous. Que ce montant pourrait permettre de faire 6 puits ailleurs. Je me rappelle du nom de l’association« Avitogo ». Je les contacte via Facebook. Je demande à récupérer le procès verbal pour voir que c’est une vraie association. Je demande de faire un devis pour savoir combien ça coûterait de prendre en charge l’orphelinat avec lequel il travaille pendant un mois. Ils nous disent que ça coûte 1700 euros.Montant qui rentrait dans nos cordes. On décide alors de faire une avance de trésorerie et de lancer par la suite une cagnotte pour récupérer les fonds. Un de nos donateurs décide même de prendre en charge 3 orphelins.

Le mois du ramadan étant un mois propice aux dons on décide de lancer une cagnotte l’année dernière pendant cette période pour récolter des dons pour aider des familles et des orphelins en Palestine. On s’est dit qu’on avait besoin de 1500 euros, on a lancé une cagnotte et on a récolté plus de 4000 euros. Montant qui nous a aidé plus d’une quarantaine de famille et 18 orphelins avec leurs encadrants.

Par la suite vous avez fait des puits solidaires, peux-tu expliquer comment les choses se sont enclenchées ?

Je faisais un peu de communication pour l’association Devoir d’Agir  basée à Nantes. J’ai vu qu’ils faisaient des puits au Sénégal et en Afghanistan. Je leur ai demandé les contacts. Une fois les contacts obtenus, c’est allé très vite. Quand on a vu les premières images ça nous a fait chaud au cœur. Un commerçant de Châtellerault me contacte par la suite et me demande combien ça coûte pour faire un puits puis un deuxième. Quand l’association de Nantes a vu ce que l’on avait été capable de faire au Togo et en en Palestine, ils nous ont demandé les contacts et maintenant nos partenaires au Togo travaillent aussi avec eux.         

Depuis Châtellerault on a pu passer au delà des frontières pour aller nourrir des enfants au Togo, faire des puits au Sénégal. Le message c’était de dire c’est possible.

Entre le moment où vous avez créé les puits solidaires et le moment où vous avez créé l’association, combien de temps s’est écoulé ?

Un an

Ah ok donc c’est allé super vite ?

Oui on essaie vraiment d’avoir des actions qui ont du sens et que l’on puisse exécuter rapidement sans s’encombrer de frais. A titre d’exemple l’année dernière il y a avait un barbecue solidaire qui avait été organisé Habib R. et Amine K. à la Plaine d’Ozon. Pour la première fois on avait mis en avant notre association. Un ami D. Embouazza de l’enseigne Meta Marque qui fait dans les t-shirts et la sérigraphie nous a offert 50 t-shirts. On les a vendu 10 euros et les 10 euros étaient reversés directement à l’association. Ça nous a permis de financer entre autres des kits scolaires pour une centaine d’élèves en Palestine.C’est de cette façon que je vois la mission que l’on s’est alloué avec l’association.

Un grand merci à Miloud Kerzazi pour cette interview. Ce fût un réel plaisir d’écouter son histoire et d’en apprendre plus sur son engagement qui se veut concret et efficace ! N’hésitez pas à visiter son blog http://www.sous-france.fr/ et dans l’hypothèse où vous voudriez aider son association, vous pouvez le faire via l’aide au financement de colis alimentaire https://www.helloasso.com/associations/solidarite-sous-france

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