Selon l’expression communément consacrée le savoir est une arme, mais qu’est ce qu’une arme ? A la fois moyen d’attaque et moyen de défense une arme révèle son utilité dans un rapport de force. Privés de liberté physique pendant l’esclavage, les Africains devenus « Afro-Américains » connurent plus que jamais les affres d’un rapport de force défavorable. Si la fin de l’esclavage viendra marquer la fin d’une des périodes les plus atroces de l’histoire, elle marque aussi le début de l’accentuation des luttes visant à obtenir une égalité juridique et de fait. « Libres » mais au ban d’une société qui prit à les broyer quotidiennement, les « Afro-Américains» s’empressèrent de fourbir les armes conduisant à leur réelle émancipation. L’école à ce titre jouera un rôle primordial dans la volonté d’ascension sociale habitant les consciences de chacun. Toujours victimes du racisme collant à leur épiderme, les « Noirs » décideront au lendemain de la guerre de Sécession de créer leurs propres universités (HBCU= Historically Black Colleges and Universities). Arme nécessaire et ultime pour continuer à lutter contre le déni d’humanité constamment vécu depuis leur départ forcé du continent Africain. Et si ces universités trouvent leur essence dans une volonté d’émancipation post-esclavage, force est de constater que bon nombre d’entre elles existent encore aujourd’hui. Ayant eu la chance d’interviewer un ancien élève d’un HBCU, je vous propose de lire les propos tenus par celui-ci dans l’entrevue retranscrite ci-dessous.

 

Quelle est la principale différence entre une université noire(HBCU) et une université dite traditionnelle ?

La principale différence est historique et renvoie à l’idée que lors de leur création, les universités dites « traditionnelles » ont exclu les étudiants « noirs ». L’exclusion des étudiants « noirs » de ces institutions s’inscrivaient dans la continuité des préjudices sociaux subis par les « noirs » dans tous les secteurs régissant la vie sociale aux Etats Unis. En réponse aux discriminations, les HBCUs furent créées pour donner une opportunité aux Noirs nouvellement libres d’obtenir une éducation de qualité afin de poursuivre de brillantes carrières académiques et plus largement professionnels dans des secteurs jusque là réservés aux « Blancs ». Biensûr avant cela, certains « Afro-Américains » avaient réussi à intégrer certaines universités traditionnelles, du fait de la fortune de leur famille ou d’une trajectoire atypique mais ceux demeuraient être des exceptions à l’instar de Richard Theodore Greener, le premier Afro-Américain à avoir rejoint Harvard.

Etait-il une évidence pour toi de t’inscrire dans une université dite “noire” à la fin de tes études secondaires ?

J’ai grandi en Californie du Nord, partie du pays où il n’y a pas de HBCU mais j’ai eu la chance d’être exposé à celle-ci très jeune. J’entendais souvent parler de HBCUs comme Morehouse, Spelman and Howard. J’ai également eu le plaisir d’assister à des « battles » de fanfare quelques fois quand j’étais enfant. Celles-ci tournent dans le pays tous les ans. J’invite d’ailleurs tous ceux qui liront cet article à assister à ce genre d’événements que cela soit lors d’un match de football universitaire ou pendant le « battle » des fanfares. Pour revenir à ta question, je dirais qu’en tant que Californienne ce n’était pas un débouché logique de m’inscrire dans un HBCU. Je pense que naturellement, les Afro-Américains qui grandissent près de ce genre d’établissement sont plus conditionnés pour les rejoindre. Je me souviens que le spinoff du Cosby Show « Different World » était un show que j’aimais regarder. L’une des choses mis en exergue par le show était le besoin d’information entourant les HBCUs et l’enseignement supérieur en général. La série dépeint assez bien la vie d’un HBCU dans lequel est inscrite l’une des filles du docteur Huxtable (Bill Cosby). La série est remarquablement écrite, intelligente et drôle. Ceci a sans doute contribué à m’influencer par la suite même si je ne prendrais ma décision que bien des années plus tard.

Est ce que l’enseignement fourni par les HBCUs est comparable en terme de qualité avec celui fourni dans les universités dites “traditionnelles”. Est-ce que les droits d’inscription sont aussi élevés ?

Les Etats Unis ayant un nombre pléthorique d’universités, c’est difficile de pouvoir répondre à cette question. Mais si je devais vraiment répondre, je dirais que oui. Les différentes options offertes dans les HBCU concourent à fournir un niveau d’éducation équivalent. Il y a biensûr des domaines dans lesquels on peut discuter mais en réalité tout dépend de ce que recherche l’étudiant. Même chose pour les droits d’inscription. L’enseignement supérieur est de manière générale très cher aux Etats Unis à moins d’aller dans une université publique ou vivre dans un Etat peu onéreux. Certains HBCUs sont privés d’autres sont publics. Certains reçoivent des aides substantiels du gouvernement ce qui aident à réduire les droits d’inscription. D’autres reçoivent des aides philanthropiques, ceci ayant pour résultat leur faculté d’offrir des bourses compétitives aux athlètes et aux musiciens par exemple. Globalement le coût d’un HBCU est similaire à celui d’une université traditionnelle.

Dans quel HBCU as-tu finalement décidé d’aller?

Pour dire la vérité en grandissant mon souhait était d’aller à l’université de Georgetown (Washington DC). J’ai tout de même fait en parallèle des demandes d’inscription dans des HBCUs. Finalement je ne fus pas accepté à Georgetown. Ma chance fut que mon choix suivant était Howard University (HBCU situe à Washington DC également). Etre accepté à Howard était un vrai cadeau du fait de son histoire, son emplacement, ses traditions. Je savais que je voulais étudier les sciences politiques et devenir au final une avocate. Howard de part son héritage, la longue liste de ses brillants anciens élèves au parcours politique accompli était l’endroit parfait pour moi.

Ma sœur ainée eut aussi une énorme influence sur mon choix. Elle avait effectué ses études dans « the University of Southern California » et avait aimé l’expérience dans sa majeure partie mais après qu’elle ait fini ses études et ait commencé réellement à se confronter au monde, elle remarqua que bon nombre des personnes qu’elle côtoyait  à Los Angeles et qui étaient entreprenant étaient d’anciens élèves de HBCUs.

Elle devint très intéressée par leur expérience et dans les différentes discussions qu’elle put avoir avec ses amis, tous lui mentionnèrent à quel point cette expérience avait été importante pour eux. Pour eux cette expérience les avait façonnés et préparés à réussir dans les différents secteurs d’activités ou ils avaient décidé de s’engager. Ma sœur pris bonne note de tous ces commentaires et persuada ma seconde sœur d’aller à Howard University en 1999. J’emboitais le pas à celle-ci en 2001. Aller à Howard University nous a fait évoluer positivement. C’était notre première expérience en dehors de Californie et notre première expérience dans un environnement à majorité « noire ».

En prenant du recul qu’est ce que ça vous a apporté d’aller dans une université dite “noire” ?

 Personnellement cette expérience a tellement enrichi ma vie que je ne sais même pas par ou commencer. Je dirai tout d’abord que c’est un sujet sur lequel je vais méditer pour le reste de ma vie. La première chose que m’a apporté le fait d’aller dans un HBCU fut le fait de me sentir libre d’être moi-même. En étant dans un environnement ou 95% du personnel, des étudiants étaient comme moi, j’avais tout d’un coup un poids en moins. Je n’avais plus tout d’un coup la pression que je pouvais ressentir quand j’étais la seule personne « noire »dans une pièce. En ayant la possibilité de ne plus avoir à me focaliser sur le fait d’être différente, je fus capable de trouver mon identité en dehors de la “race” qui me fut assignée et de ma couleur de peau. La meilleure chose pouvant décrire Howard était contrairement à ce que l’on peut penser sa profonde diversité. Beaucoup de gens assument que parce que un HBCU est noir tous les gens sont les mêmes alors que rien n’est moins vrai que cette affirmation. Je pense même que la diversité offerte par Howard m’a très bien préparé pour ma vie après l’université. Sur le campus, je me retrouvai entourée par des noirs, des métisses, des personnes provenant de toute la diaspora africaine. J’ai rencontré pour la première fois des Trinidadiens, des Ghanéens, des Gabonais, des Ethiopiens, des Ukrainiens, des Somaliens, des Espagnols…Même rencontré des étudiants provenant des différents Etats des Etats Unis était pour moi une expérience enrichissante. Apprendre des différences entre les étudiants d’Atlanta, Nouvelle-Orléans vs le reste de la Louisiane, New York versus New Jersey, Washington DC vs Maryland, Connecticut, Seattle, Arizona, rural Florida et j’en passe ! Ce fut libérateur et rafraichissant de voir de mes yeux qu’il y avait tant de diversité et de nuances dans l’identité « noire »et que celles-ci  étaient basées sur des attributs autres que la couleur. J’ai rencontré plein d’étudiants au profil différent du mien. Certains d’entre eux étaient la 4eme génération dans leur famille se rendant à Howard alors que pour d’autres ils étaient les premiers à terminer le lycée dans leur famille. J’ai rencontré des personnes qui ont grandi dans des cités de New York, des gens du Nigeria qui ont grandi avec des servantes, des riches Afro-Américains dont les deux parents étaient médecins et qui conduisaient des voitures de luxe. J’ai aussi rencontré des gens du Sud qui me demandaient quel était ma « home church » (groupe de Chrétiens se rassemblant dans des lieux privés pour prier), concept dont je n’avais jamais entendu parler avant cela.

Du fait de l’exposition aux autres cultures dont j’ai pu bénéficier, je suis devenu plus curieuse au sujet du reste  du monde. Avec d’autres étudiants d’Howard je suis parti étudié en Espagne. Ce fut une expérience formidable de vivre six mois dans un autre pays, avoir des cours en espagnol, vivre dans une famille d’accueil et devenir bilingue. Dans mon travail d’avocat j’utilise cette langue tous les jours avec les clients.

A Howard une des choses que j’ai aussi le plus apprécié est le fait que la majorité de mes professeurs étaient “noirs” ceci ayant pour conséquence que je pouvais m’identifier assez facilement à eux. C’était cool d’entre entouré de noirs qui valorisent l’éducation et qui étant de véritables passionnés décidèrent de dédier leur vie à partager leur savoir avec les générations suivantes. Je n’avais jamais réussi jusque là à m’attacher à mes professeurs et là tout d’un coup j’avais des professeurs qui me donnaient une sorte d’extra motivation alors que j’étais déjà une N.E.R.D. Mes professeurs étaient d’Egypte, du Ghana, d’Omaha et de Philadelphie. J’ai vraiment accroché avec certains professeurs, j’avais des discussions en dehors des cours avec eux, partageaient des déjeuners. J’évoluais vraiment dans une atmosphère idyllique.

Avant d’aller à Howard je n’avais eu que trois professeurs “noirs” dans toute ma scolarité. La plupart de mes profs jusque là avaient été des « blancs ». Pour la plupart d’entre eux ils avaient eu un impact positif dans ma vie. A l’inverse certains d’entre eux étaient clairement racistes et avaient tenté de me décourager de prendre les cours supplémentaires réservés aux meilleures élèves (Advanced Placement classes) et de m’inscrire à l’université. Je commençais à réfléchir à comment ces expériences m’avaient affectée consciemment et inconsciemment.

Avez-tu l’impression qu’en t’inscrivant dans un HBCU, tu t’enfermais dans le monde “noir” ? De l’étranger c’est l’impression que cela peut donner.

Pas du tout et ce qui est marrant d’ailleurs c’est que ce sont les personnes de l’extérieur qui ont cette impression, c’est à dire les personnes qui ne sont jamais allées dans un HBCU. Un certain nombre de clichés collent à la peau des HBCU.

(1) Que le niveau d’éducation y est inferieur ce qui est totalement faux.

(2) Que ces écoles sont trop « noires » et ne vous prépare pas au monde réel

(3) Que vous ne pouvez pas réussir dans le « mainstream » à majorité blanc si vous êtes diplômés d’un HBCU. Toutes ces idées préconçues sont fausses.

Les étudiants dans les HBCUs ne sentent pas enfermés bien au contraire. Il y a énormément de solidarité parmi les étudiants. Les étudiants présents dans ce genre d’école ont fait un choix particulier en s’y inscrivant. Me concernant mais je pense que c’est la même chose pour d’autres Howard au contraire de m’enfermer m’a ouvert un nouveau monde, un monde auquel je n’avais pas été exposé auparavant et auquel je n’aurais pas été exposé si je ne m’étais pas inscrit dans cette université. De plus en entrant dans le monde « réel » les connections que j’ai pu créer pendant mes années à Howard eurent un grand impact. Aussi, croiser dans mon parcours d’anciens élèves d’Howard ou de HBCU aide à créer une proximité immédiate.

 Qu’est ce que révèle le fait que les HBCUs existent toujours, sachant qu’ils furent crées à cause de la ségrégation?

L’existence des HBCUs révèle la détermination que les « Afro-Américains » à changer leur condition en obtenant une éducation de qualité par tous les moyens nécessaires, de se libérer de leurs chaines en utilisant l’éducation comme une arme. C’est facile pour certaines personnes de les déclarer obsolètes du fait de leur méconnaissance de l’histoire. J’encourage les gens à lire l’histoire de ces universités et leur importance dans l’histoire des Etats Unis et du monde. Si vous prenez par exemple l’université de Fisk, quel acte audacieux de créer une université « noire » sommet d’une colline à Nashville (capitale du Tennessee) seulement un an après la fin de la guerre civile ! Le Sud était totalement détruit. Quel genre de personnes pouvait avoir la vision, le courage, les ressources de bâtir sur les cendres de l’esclavage un lieu sacre comme Fisk ?

Un campus qui serait béni par la présence d’importantes figures de l’histoire “noire” américaine tels que Weldon Johnson et WEB Du Bois. Campus qui jouera un rôle important dans les mouvements des droits civiques et autres événements historiques.

L’existence des HBCUs révèle aussi, jusqu’à un certain point, la reconnaissance par le gouvernement américain de ses torts dans la pratique institutionnelle du racisme. Le fait que le gouvernement subventionne les HBCUs est une forme de réparation même si ca n’a jamais porte son nom. Ce point prouve aussi qu’un besoin existe.

L’existence des HBCUs montre aussi le besoin de diversité dans l’enseignement supérieur, en termes de cursus, d’étudiants et de différentes approches de l’enseignement. Les HBCUs furent les pionniers en ce qui concerne les parcours d’étude s’intéressant aux Afro-Américains et aux Africains. Les universités traditionnelles suivirent à contrecœur. Les HBCUs furent aussi parmi les premières universités à accueillir les femmes, les Natifs Américains et autres étudiants de couleur.

Finalement, le fait que les HBCUs existent toujours révèle que la ségrégation et le racisme n’ont pas disparu du pays. Raison pour laquelle, il y a toujours un besoin pour les gens appelés maladroitement de « couleur » (le blanc est une couleur) d’avoir leur propre espace pour apprendre et se développer.

Les étudiants provenant des HBCUs de par l’enseignement qu’ils reçoivent sont censés rejoindre a minima les rangs de la classe moyenne ou en général la majorité de la population est « blanche », qu’est ce que cela fait soudainement de se retrouver dans ce genre d’environnement ?

Me concernant, la majorité de ma vie se déroula dans le monde “blanc” et maintenant je suis une professionnelle appartenant à la classe moyenne et je le resterai sans doute à moins que je déménagé dans un pays à majorité “noire”. Pour moi, Howard fut comme une période de vacances de 4 ans où j’ai pu m’éloigner du monde « mainstream » blanc, un endroit  où j’ai pu trouver une paix intérieure, me concentrer sur mes études et ne pas avoir à répondre à des questions sur ma « race », mes cheveux, le teint de ma peau. Je ne pense pas qu’un étudiant de HBCUs s’attende à avoir une vie similaire à celle qu’il a expérimentée pendant ses années de FAC. Mais de façon générale je ne pense pas qu’un étudiant s’attende à avoir la même vie une fois ses études terminées. Une exception peut être constatée pour les étudiants qui ont grandi dans des quartiers à majorité noirs et qui ont suivi leurs études dans un HBCU. Pour eux sans doute entrer dans le monde blanc classe moyenne peut constituer un choc culturel.

Est-ce que les employeurs portent attention au fait qu’un candidat viennent d’un HBCU ?

La plupart des employeurs me concernant ne porte aucune attention au fait que je sois parti dans tel ou tel école, ils s’intéressent plus à mes notes et mon expérience dans le monde du travail. Mais en général les employeurs qui sont familiers de ce type d’établissement sont contents d’en discuter et semblent heureux de montrer qu’ils s’y connaissent.

N’as tu pas l’impression au final que le plus gros piège présent dans ce pays est le fait que les gens voient le monde via la “race” au lieu de se focaliser sur la classe sociale, sachant que cette vision a été mise en place par  l’élite “blanche”au pouvoir ?

 Oui j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de pièges aux Etats Unis qui nous empêchent de voir la réalité telle qu’elle est et nous éloigne de notre humanité. Dans ce contexte, la question raciale est de loin la plus grande farce, c’est sûr.

Pour moi il est vraiment étrange de noter par exemple qu’aux Etats Unis, il y a un vote « Latino » ou un vote « Noir ». Je pense qu’un blanc pauvre et un noir pauvre ont beaucoup en commun !

 Je suis d’accord. Je pense que c’est offensant de décrire le vote des minorités de cette façon, parce que bien que les groupes votent en bloc, il ne faut pas oublier qu’il n’y a seulement qu’une alternative. Si nous avions une meilleure diversification politique, je pense que nous verrions une plus grande complexité chez les votants. Le système actuel n’est pas vraiment démocratique en nous demandant de choisir le candidat que nous considérons comme étant le moins démoniaque. Autre point, les médias parlent rarement du vote « blanc » car les « blancs » jouissent de la possibilité d’être regardé comme un groupe fait d’individus avec des points de vue différents, droit dénué aux minorités.

 Une des choses surprenantes aux Etats Unis est le fait que les communautés vivent les unes auprès des autres mais ne se connaissent pas réellement. Penses tu que la réelle subversion serait de mixer les populations pour aider à détruire la division qui sévit dans le pays ?

Je pense que la réelle subversion pour les “américains” est de réclamer leur humanité et de se débarrasser du capitalisme et de l’individualisme qui lui est attaché. La question de la race est définitivement qu’une distraction.

Comment envisages-tu l’évolution des relations raciales dans le pays ?

Honnêtement, je ne sais pas. J’espère que nous ne réveillerons un jour et constaterons la fausseté de toutes articulations entourant la notion de race. Je pense qu’une de meilleurs façons d’effectuer cette recherche est de simplement de dire la vérité au sujet de l’histoire de ce pays de manière à comprendre que nous avons toujours vécu côte à côte que nous aimions cette idée ou pas. Nous sommes une grande famille même si on refuse de l’admettre. La popularité des tests ADN et des recherches généalogiques aideront en ce sens. Cela va permettre de dresser un portait de famille plus fidele que l’histoire que l’on veut nous raconter, ce qui aidera à changer la façon dont nous appréhendons le passé.

Souhaites-tu que tes enfants aillent dans un HBCU ?

Je ne refuserai pas à mes enfants cette expérience s’ils le veulent. En réalité ma plus grande crainte est que mes enfants bénéficient d’un enseignement peu onéreux. Je ne veux pas que mes enfants se retrouvent sous le joug d’un prêt étudiant au montant prohibitif. En d’autres mots je ne veux pas qu’ils se retrouvent à devoir payer 500 000$ pour leur éducation. Aucun diplôme ne peut justifier un tel montant.

Penses-tu que la nouvelle méthode pour exclure les étudiants “noirs” et pauvres du système scolaire est la faible qualité des lycées les accueillant et le montant ahurissant des droits d’inscription dans les universités privées ?

Oui je le pense. A travers notre histoire, il y a toujours eu des dynamiques visant à décourager les populations de « couleur » de bénéficier d’un enseignement de qualité. Mais de nouveau je pense que le piège n’est pas forcément contre ceux qui ne reçoivent pas une bonne éducation mais contre ceux à qui on ne cesse de répéter qu’il faut qu’ils en aient une bonne et qui finissent sous des montagnes de dettes. Le système tel qu’il fonctionne aujourd’hui n’est pas durable. Aucun étudiant ne devrait commencer sa vie professionnelle endetté pour le seul motif de s’être instruit. Je suis farouchement opposé à ce concept. L’éducation ne devrait pas être un bien commercialisable.

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