Alors que les outils visant à s’informer se sont démultipliés dans les 20 dernières années, un recul constant du niveau de culture générale a pu être constaté dans les pays occidentaux. En effet l’abondance des moyens de communication et d’information n’a eu d’autre effet que de nous plonger dans une cacophonie sans nom. En apparaissant aussi vite qu’elles disparaissent sur nos téléphones portables les nouvelles se succèdent à un rythme effréné empêchant une prise de recul pourtant nécessaire. Ceci ayant pour conséquence de nous pousser à réagir plus qu’à comprendre.  Bassidiki Coulibaly dans son excellent livre du « crime d’être noir » mentionnait que l’excès de lumière avait le même pouvoir que son absence totale. Analyse brillante (sans jeu de mots) faisant apparaitre que la fabrique de l’ignorance n’est pas uniforme. Un Américain est-il mieux informé qu’un Gabonais ? Rien n’est moins sur quand bien même le Gabon est considéré être une dictature. 

 Pour comprendre il faut du temps et la volonté de prendre du recul. Jihan El Tahri grâce aux différents documentaires qu’elle a pu réaliser durant ses 20 dernières années a su allier ses deux atouts d’abord en s’éloignant de sa profession de journaliste et ensuite en prenant le temps d’étudier les racines des différents sujets qu’elle a pu traiter. De la tragédie des grands lacs (« l’Afrique en morceau), à la description de la monarchie saoudienne (« la maison des Saoud ») en passant par son dernier documentaire en date « Les Pharaons de l’Egypte moderne », Mme El Tahri n’a eu de cesse de vouloir déchiffrer ce qui nous est présenté trop souvent comme un état de fait. A l’issue de la projection de son dernier documentaire à New York, j’ai eu la chance d’avoir avec elle une discussion à bâtons rompus qui a confirmé que simplicité, gentillesse et talent ne sont définitivement pas des qualités à caractère exclusif. Merci encore à elle.

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Vous avez été journaliste avant de vous spécialiser dans le genre documentaire, qu’est ce qui vous a poussé à vous engager dans cette voie ?

Je pensais vraiment qu’en devenant journaliste, je serais prête pour comprendre ce qu’il se passe, mais en fait pas du tout. Le moment exact pour moi où j’ai réalisé cela, c’était au moment de la guerre du Golfe. J’étais dans un hôtel en Jordanie et je me suis rendu compte qu’en étant journaliste, la très courte durée dont tu disposes pour comprendre ce qu’il se passe t’empêche de comprendre « the bigger picture ». Dans le cas précis de la guerre du Golfe, je n’avais pas vu la guerre venir. Les infos que l’on recevait venaient très souvent de l’armée américaine donc un des belligérants, ce qui n’a pas de sens. De plus j’avais l’impression que tout ce que je pouvais dire sur le sujet n’était qu’une parenthèse. Le seul media qui commençait à avoir un vrai pouvoir à ce moment là c’était l’image. Je voulais sortir de cet engrenage qui nous empêche de comprendre notre propre histoire en se laissant dicter la lecture des événements par les belligérants. Donc après la guerre du Golfe, j’ai eu une vraie crise d’identité de positionnement. C’est à ce moment que j’ai réclamé mon identité africaine en tant qu’identité primaire. De cela découle d’autres choses comme par exemple le fait d’être Egyptienne qui fait partie de cette identité africaine. Ce n’est pas exclusif même chose pour le fait d’être Arabe. Quand tu définis l’angle par lequel, tu regardes la vie, les choses changent. A partir de cela j’ai commencé à faire beaucoup de reportages. J’ai travaillé pour l’agence de presse Capa, je travaillais sur la réalisation des reportages faisant partie de la série 24h. J’en ai fait à la pelle. Ca m’a amené à faire des 52 minutes toutes les semaines et ca m’a aidé à trouver ma voie. Ce qui m’a aidé à me perfectionner, à raffiner mon savoir faire. Pour moi faire un film n’était pas un but en soi. Il me fallait passer par 24h pour savoir que je pouvais faire un film, le problème n’était pas là, le problème était de savoir quel genre de film.

Vouz avez travaillé dans des agences de presse occidentale, aviez-vous l’impression que vos collègues tendaient réellement à un certain objectivisme dans l’exercice de leur travail ?

Je n’aime pas le mot objectif, pour moi cela ne veut strictement rien dire. As-tu l’impression que je suis objective dans mon travail ?

Pour moi ce mot a du sens, il désigne une sorte d’objectif que chaque journaliste se voit assigner. Souvent quand je regarde la télé ou lis les journaux, je me demande comment autant de journalistes peuvent être si éloignés de ce qui s’approche de la vérité sur des questions majeures.

Je n’aime pas le mot objectif car à chaque tournant il faut prendre des décisions. Dès lors que tu prends une décision, ca devient subjectif. J’ai travaillé en radio, télé, agence de presse. La plupart du temps, il y a un événement qui se passe. Dans l’immédiat tu prends un avion et tu arrives dans un endroit où tu as une vague idée de ce qui s’est passé. Tu arrives sur place et tu dois écrire quelque chose et souvent pour cela tu te fies à ton réseau en espérant qu’on te dise la vérité. Pour répondre à ta question, malheureusement, un certain nombre de journalistes occidentaux mais pas l’intégralité viennent avec un prisme. Par exemple quand ils viennent en Afrique du Sud, ils viennent deux idées en tête, premièrement que c’est dangereux et deuxièmement que tous les blancs sont en train de partir. Ce prisme se traduit par qui ils vont interviewer, comment ils vont interpréter les choses. Je me souviens d’une anecdote où j’avais eu une vraie dispute avec un monsieur qui venait pour la première fois en Afrique du Sud et qui m’a exposé les sujets qu’il voulait traiter. Bien évidemment il voulait traiter de la soi disant fuite des blancs. Ils veulent traiter des sujets « catchy », des sujets qui ont une vraie résonance dans leur pays d’origine. Est-ce qu’il était malhonnête non. Pour résumer il y a beaucoup de fainéantise.

Est-ce qu’ils ont vraiment l’impression qu’ils sont formatés ?

Ils ne savent pas. Par exemple quand je faisais le documentaire les « maux de la faim »(4), je m’étais dit que j’allais faire un film facile. J’en avais assez de faire des films qui me prennent quatre, cinq ans, je voulais faire un film assez simple où je suivrais un sac d’aide alimentaire. De la où on plante le maïs à la où on le distribue. Tout allait bien jusqu’au moment où en Zambie, alors que l’on tournait je vois du rouge apparaitre sur l’écran. Ce rouge s’avérait être un champ de tomates. Ce qui m’amena à me poser la question de la justification de l’aide alimentaire qui se déverse dans le pays par tonnes entières. Je voulais comprendre les conséquences par exemple de tout le maïs déversé dans le pays. Certains de mes collègues occidentaux pensaient que j’en faisais trop. Pour moi le problème était de me dire qu’on était en train de tuer l’économie du pays sous notre nez. Le film est devenu un film économique, chose que je ne voulais absolument pas faire. Se contenter d’un discours harmonieux est le problème. Je ne pense pas qu’ils se rendent compte jusqu’à quel point ils sont un maillon dans le système et je pense qu’ils font preuve de fainéantise surtout quand c’est l’Afrique.

Selon mon point de vue, il y a  quelque chose de hautain quand ils doivent traiter de l’Afrique pour beaucoup d’entre eux.

Complètement, il y a un neurone qui existe chez certains d’entre eux qui ne s’allument que quand tu dis l’Afrique. Ils ne fonctionnent pas pareil pour l’Asie ou l’Amérique Latine. J’ai ma thèse là dessus. Ils savent jusqu’à quel point ils sont redevables à l’Afrique et que le fait de sortir de cette mécanique les rendraient vulnérables. Il y a un aveuglement total négatif pour l’Afrique tout comme il y a un aveuglement total positif pour Israël. C’est équivalent.

Comment vous vous y prenez pour préparer vos documentaires ?

Je pars de 0. Mais tout d’abord la première chose pour moi est de définir quelle est ma question. Ça a l’air banal mais je passe un à deux mois à écrire des questions et répondre à mes questions. A un moment je remarque que plusieurs questions semblent tourner autour de la même chose mais la question centrale manque. Par exemple pendant la préparation de mon film sur l’Arabie saoudite (la maison des Saoud), une des questions à laquelle je n’arrivais pas répondre était comment ces jeunes en étaient arrivés à mettre un avion dans un bâtiment en plein New York. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi des jeunes, beaux, riches et ayant vécu en Occident en étaient arrivés là. Et quand cette attaque a eu lieu, tout le monde s’est mis à m’appeler parce que dans le passé j’avais écris des livres sur le conflit israélo/arabe. Au tout début les gens pensaient que c’était les palestiniens qui avaient perpétrés cette attaque. Quand ça s’est avéré être des attaques liées à des mouvements islamiques, on m’a proposé de faire des films sur le 11 septembre. Mais toutes les propositions que je recevais, c’était qui c’était, comment c’était, personne ne me demandait pourquoi alors que le pourquoi était la seule valable. Ma première question était pourquoi 15 parmi les 19 étaient saoudiens.

Comment choisissez-vous vos sujets ?

En fait ce sont des questions qui me tracassent, c’est aussi bête que ca. Mais ca prend beaucoup de comprendre ce qui me tracasse vraiment. Sur la tragédie de grands lacs par exemple, la question était pour moi de comprendre le génocide au Rwanda. J’ai commencé à faire mon enquête, la situation a commencé à changer, c’était le moment où la guerre au Kivu est partie au Congo, la guerre se déplaçait.

Quand vous commencez un documentaire, le commencez vous avec une opinion particulière ? Et arrive t-il souvent que votre opinion change entre le début et la fin du projet ?

J’ai une opinion mais elle n’est pas figée. Si j’ai besoin d’enquêter c’est parce que je n’ai pas une opinion figée. Mais je dois rajouter que je n’ai pas de conclusion dans mes documentaires. Avec un documentaire, je prétends juste apporter ma pierre à l’édifice, je suis le simple maillon d’une chaine. D’autres doivent venir et construire sur ce que tu as fait ou prendre un autre angle que ce que tu as fait. Il doit y avoir un dialogue. Quelque part j’espère que mes films servent à ca. Je me fais une idée sur les paramètres de l’histoire en lisant beaucoup et différentes opinions. Sur le Rwanda par exemple, je vais lire Colette Braeckman et je vais lire en même temps Mahmood Mamdani donc des opinions très différentes. Je regarde des documentaires, je lis des articles, des interviews, documents déclassifiés et il suffit d’un seul petit élément sur lequel tu tombes pour que ton travail prenne une autre direction. C’est arrivé pour mon documentaire sur Cuba, sur l’Egypte. Par exemple sur l’Egypte, ce fut le premier président disparu dont je ne connaissais pas l’existence. Et comme il n’y a que très peu d’écrits le concernant, j’ai dû composer principalement avec les journaux sortis pendant les années où il était en fonction. Je lis des bouquins, 2eme étape quand je sais quelle sera ma question centrale, je lis des doctorats (PHD) car les gens qui font des doctorats sont obligés de faire du travail de terrain et de fournir des références. Apres ça je fais un premier voyage où j’interviewe plein de gens  sans micros sans stylos, c’est juste des discussions. Cuba c’est parce qu’il y a un autre coté de l’histoire que l’on a jamais raconté, celle qui ne renvoie pas un point de vue strictement occidental.

Vos documentaires sont très denses, j’aime beaucoup ce fait, mais cela t’es t-il reproché ?

Oui on me le dit souvent mais ma réponse est dans ce cas la d’inviter l’auteur de ce propos à regarder plusieurs si nécessaires (rires). Je ne passe pas cinq ans à travailler sur un sujet pour qu’il ne soit regarde qu’une seule fois (rires).

Dans vos documentaires, vous arrivez à avoir aussi bien les « bons » que les « méchants ». Mais en tant qu’etre humain, comment vous sentez vous par exemple quand vous vous retrouvez devant Robert Bourgi ?

Quand je suis assise devant M.X, je vois cette personne comme un simple être humain. Je pense que ca fait partie des raisons qui font que j’arrive à les faire parler. Si je vais voir Bourgi (1), c’est pour qu’il m’explique. Lui il va me dire ce qu’il a envie de dire mais moi je lui pose mes questions. Mais une fois que l’interview est terminée, je ne prends pas pour argent comptant ce qu’il me dit, je vérifie. Je me suis assise devant des génocidaires, je me suis assise devant de grosses crapules, j’ai interviewé par exemple, Kabarebe (2), Magnus Malan (3), ministre de la défense de l’Apartheid. Avec lui, une ou deux fois quand même, je me suis dit c’est Magnus Malan. Mais pour moi si je veux comprendre le problème que je traite, il faut entendre tout de tout le monde. Si tu commences à exclure des gens du processus de ton film du fait de ce qu’ils ont fait, tu n’auras jamais rien.

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Magnus Malan – Ministre de la défense Sud Africain (1980/1991) en pleine période d’apartheid

 

 

Comment a été reçu votre dernier documentaire en date sur l’Egypte a-t-il été reçu France, pays où vous residez ?

J’ai eu des très bons retours de la presse. Les trois premières pages de Télérama, des articles élogieux de Libération et le Monde et d’autres. Le documentaire est passé sur Arte et puis rien d’autre ne s’est passé, il n’a été sélectionné dans aucun festival. A coté de cela, je voyage depuis septembre 2015 partout dans le monde pour présenter ce même documentaire.

Avez-vous une explication ?

La première chose est qu’il n’y a pas de grands festivals pour les documentaires en France et la deuxième chose est que quelque part, je pense que l’on me cloisonne dans le cinéma africain en France alors qu’ailleurs ce n’est pas comme ca. La distribution est le talon d’Achille du cinéma africain en général, ce n’est pas un problème spécifique au genre documentaire. Il y a deux, trois réalisateurs fictions qui s’en sortent assez bien tandis que les autres se contentent d’une avant première quelque part et ca se termine là.

Comment se rémunèrent-ils alors ?

Le plus simple, c’est que je te parle de mon cas personnel. En général le moment où je touche de l’argent c’est pendant la production. Tout le travail qui est effectué en amont (les recherches etc…) n’est pas rémunéré. Mais le problème est que le montant alloué pour la production couvre la plupart du temps à peine tes besoins. La seule que tu peux diminuer, c’est ton propre salaire.

Pour revenir à votre documentaire sur l’Egypte, une des choses qui m’a surprise est le portrait qui y est fait de Nasser. J’ai grandi avec une image tres positive de celui-ci en tant que jeune d’origine africaine et votre analyse vient écorner quelque peu cette image.

Moi aussi j’ai grandi avec cette image et je la maintiens. Je pensais savoir plein de choses, pour moi Nasser était une idole, c’était le panafricanisme, c’était un visionnaire, il reste tout cela pour moi mais j’ai pu me rendre également compte que là où on en est aujourd’hui est en grande partie de sa faute. Il n’avait pas l’intention que l’on arrive là mais il a pourtant joué un rôle important dans ce processus que je ne pouvais omettre de mentionner. Je dois rajouter que je ne touche pas aux idoles africaines facilement parce que nous avons besoin de nos héros.

 

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Gamal Abder Nasser (Second President d’Egypte) en fonction entre 1956 et 1970

 

Quel a été le pire des 3 présidents dont vous parlez dans votre film ?

Chacun a fait part. Nasser a fait l’infrastructure de la corrosion, le deuxième a introduit le poison et Moubarak a mis le pays à genou.

Pour moi, il y a deux points qui reviennent assez directement ou indirectement, la question de l’identité et de la cupidité.

Si cupidité, tu l’entends au sens de « greed » oui mais pas exclusivement argent. Il y a toujours ces questions de pouvoir, intérêts, nationalisme.

Ce qui est nationalisme, je l’insère dans identité, pour ce qui est intérêt, je le mets dans cupidité.

Pour ce qui est de pouvoir ca serait dans ce cas là, le lien entre les deux. Ton analyse est correcte. Quand j’ai présenté ce dernier projet là à mon mentor, sa réponse a été de dire, encore le même film. Il avait raison, je pense que le point central dans chacun de mes films et de comprendre comment on en arrive là. On est un continent qui en même pas 50 ans a eu le courage de casser quelque chose de colossal qu’a pu être le colonialisme. On avait une vraie vision sur pourquoi l’indépendance. Et le nœud central pour moi est qu’est ce qu’il s’est passe. Les maux de la faim est un bon exemple de ces questionnements.

Le film sur l’Arabie Saoudite est un bon exemple des liens entre cupidité, identité et nationalisme. Sans les Américains, les « Saoud » ne seraient pas là quinze minutes. Les « Saoud » sont moins dogmatiques que leur population.

Dans vos documentaires, l’Afrique revient souvent, l’ingérence fait partie des problèmes de l’Afrique mais au delà de cela, quel est pour vous le nœud du problème ?

Quand tu dis l’ingérence oui et non. On est adultes, nos responsables ont leur part de responsabilité. Le changement n’est pas au bout d’un fusil mais dans la société civile. Mais le problème est que chaque gamin veut grandir en ayant de l’argent. Moi je crois vraiment que l’avenir c’est pour l’Afrique, on a les atouts en main mais pour le moment on ne sait pas les utiliser. Il y a des cycles, l’Europe il y a 400 ans était dans le trou. La gloire du monde Arabe remonte à une époque pas si lointaine. La richesse n’est pas que monétaire. L’occident va continuer pour que les richesses qui sont sur nos terres soient exportées pour qu’on ne les traite pas nous-mêmes, ce petit jeu va continuer. Ils savent que si on se met à posséder les usines, on arrêtera d’exporter nos matières premières. Le pétrole ne sera pas BP mais local et il y a toujours une classe de cupides dont les intérêts se trouvent dans le fait de pactiser avec l’autre. Il ne faut pas se leurrer, l’esclavage est aussi nous.

La majeure partie du peuple subit la situation sans qu’on puisse y voir un soupçon de complicité, je pense.

Absolument d’accord sur ce point. Dans le film sur l’Egypte par exemple, on voit qu’il y a deux pouvoirs qui jouent entre eux et le peuple est exclu pour sa part de l’équation. En occident on parle de démocratisation. Mais la question est pourquoi on veut nous pousser vers une démocratisation. Nos systèmes tribaux, ils fonctionnaient très bien, il y avait une vraie hiérarchie. Tout d’un coup ce mot est devenu une insulte. Je pense qu’accepter le cadre de réflexion défini par l’Occident est quelque chose que je rejette d’avance. Je me demande ce que l’immigration va faire dans tout ça.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/29/robert-bourgi-veteran-de-la-francafrique_1233308_3212.(1)

http://schoolserver.xsce.org:3000/wikipedia_fr_all_2015-03/A/James_Kabarebe.html (2)

htmlhttp://www.slateafrique.com/14113/afrique-du-sud-deces-de-magnus-malan-ministre-de-la-defense-sous-lapartheid (3)

http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/47205_1 (4)

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